Les dirigeants de l'UE, qui se réunissent la semaine prochaine pour une "retraite de la compétitivité", doivent se recentrer sur les vraies priorités des citoyens, après qu'une vaste enquête sur les citoyens européens a révélé que l'insécurité économique était leur principale préoccupation.
L'enquête Eurobaromètrequi a interrogé 26 453 personnes dans tous les États membres, a révélé que la lutte contre l'inflation, la hausse des prix et le coût de la vie est la première priorité des citoyens pour l'action de l'UE, suivie par l'économie et la création d'emplois (35 %). La défense et la sécurité, les services publics et la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale constituent les cinq autres priorités.
L'enquête a également mis en évidence un lien étroit entre l'insécurité économique et le pessimisme quant à l'avenir. La Confédération européenne des syndicats (CES) appelle les dirigeants européens à s'attaquer simultanément à l'insécurité économique et à la compétitivité en mettant de l'argent dans les poches des travailleurs et en stimulant la demande intérieure. Il n'y a pas de plan de compétitivité sérieux sans une demande interne plus forte, stimulée par des salaires plus élevés et des négociations collectives solides.
Ils peuvent y parvenir en accélérant les actions visant à promouvoir la négociation collective, notamment par la modification des règles relatives aux marchés publics, et en faisant progresser une loi solide sur les emplois de qualité, qui comprend une législation visant à renforcer la négociation collective comme meilleur moyen d'obtenir des salaires et des conditions véritablement équitables. Cela fait partie des propositions détaillées publiées par la CES dans le cadre de la première phase de consultation de la Commission sur la loi.
Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, a commenté le sondage en ces termes :
Les résultats de ce sondage devraient recentrer l'esprit des dirigeants de l'UE sur les véritables priorités des citoyens alors qu'ils se préparent à la " retraite de la compétitivité " de la semaine prochaine. Certains hommes politiques semblent penser que la crise du coût de la vie n'est plus qu'un lointain souvenir, mais comme le montre ce sondage, ce n'est certainement pas le cas des travailleurs européens qui perdent espoir en l'avenir.
"Ils veulent voir des dirigeants qui travaillent d'arrache-pied pour lutter contre l'insécurité et créer des emplois de qualité, au lieu d'aggraver la situation par la déréglementation ou la réduction des dépenses sociales. S'attaquer à l'insécurité économique et garantir la protection en augmentant les salaires et en rendant le logement, l'énergie et l'alimentation plus abordables, tout en investissant dans les services publics, sont essentiels pour accroître la compétitivité.
"Les recherches montrent que les bas salaires exacerbent les pénuries de main-d'œuvre qui freinent nos entreprises, alors qu'en mettant plus d'argent dans les poches des travailleurs, on stimulerait opportunément la demande interne, ce qui renforcerait la confiance des consommateurs et des entreprises. Il est important que la retraite des dirigeants ne soit pas une affaire unilatérale qui ignore les besoins des travailleurs, de leurs familles et de leurs communautés.