À l'occasion de la Journée mondiale contre le cancer, les syndicats avertissent que le programme de déréglementation irréfléchi de la Commission européenne exposera les travailleurs à un risque accru de cancer.
La Commission européenne veut permettre aux entreprises d'utiliser plus facilement des substances cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) dans la production de cosmétiques et d'engrais.
Les ouvriers d'usine, les agriculteurs, les éboueurs et les coiffeurs font partie des travailleurs qui seraient exposés à un risque accru de cancer si ces projets étaient mis en œuvre.
100 000 décès par an
Alors que le Parlement européen examine actuellement son rapport sur l'"Omnibus chimique" de la Commission, la Confédération européenne des syndicats (CES) appelle les députés européens à faire passer la vie des gens avant les profits des multinationales.
La proposition d'affaiblir les protections intervient en dépit du fait que la Commission elle-même affirme que le cancer est la principale cause de décès liés au travail dans l'UE, les agents cancérigènes contribuant à environ 100 000 décès par cancer professionnel sur le lieu de travail chaque année.
Entre-temps, l'agence européenne pour la santé et la sécurité a récemment mis en garde L'agence européenne pour la santé et la sécurité a récemment mis en garde contre les cancers professionnels en indiquant qu'il existait "des lacunes importantes en matière de prévention et un besoin urgent d'interventions ciblées et fondées sur des données probantes pour protéger la santé des travailleurs".
Giulio Romani, secrétaire confédéral de la CES :
La Commission européenne prétend aujourd'hui avoir un " engagement ferme " dans la lutte contre le cancer, ce qui est tout à fait éhonté alors qu'elle tente activement d'affaiblir les lois protégeant les travailleurs contre les substances cancérigènes.
"À une époque où la Commission elle-même déclare que 100 000 décès par an sont dus à des cancers sur le lieu de travail, on s'attendrait à ce qu'elle renforce les protections, comme l'a demandé l'agence de sécurité de l'Union européenne.
"Rien ne démontre plus clairement que les lois européennes doivent être élaborées dans l'intérêt public et pas seulement dans l'intérêt de ceux qui ont le plus d'argent à dépenser en consultants et lobbyistes à Bruxelles.
"Ce dont notre secteur chimique a besoin, c'est d'une stratégie industrielle sérieuse soutenue par des investissements publics accrus, et non de normes de sécurité moins strictes qui mettent en danger la vie de sa propre main-d'œuvre.